Un vestige du camp, point de départ du projet de sauvegarde


En 1941, Rouillé, commune rurale de 2300 habitants dans le sud de la Vienne, fut choisie par les autorités françaises avec l’accord des autorités d’occupation, pour l’implantation d’un centre d’internement administratif (C.I.A), qui ouvrira ses portes le 6 septembre 1941.

Camp de Rouillé - C.Lombart/JR Rochais

 

Du camp lui-même, il ne reste rien. Rien, si ce n’est à deux cent mètres de là un dernier vestige, un baraquement en bois, plus exactement un demi-baraquement, acheté et transporté par un particulier après-guerre, dans la cour de son domicile, alors hôtel de la gare. Ce bâtiment et le désir de le sauvegarder furent le point de départ de la réflexion et du travail de notre association.

L’ADEL est créée fin 2008. La sauvegarde de ce baraquement de la Seconde Guerre mondiale nous apparaît essentielle du point de vue de l’histoire spécifique de Rouillé. Ce baraquement en est le dernier témoin. De même, du point de vue de l’histoire de l’internement, de la Résistance au nazisme et au régime de Vichy, initiateur de ce système français d’internement, ce baraquement est le symbole de la résistance de ceux qui furent détenus et de ceux qui localement firent le choix de venir en aide aux internés politiques. À ce titre il doit être sauvegardé pour être mis en valeur à l’avenir comme un « passeur de la Mémoire ». Depuis 2008, l’association mène un important travail de collecte. Elle rassemble des documents d’archives, des objets, des témoignages sur le camp de Rouillé et a ainsi produit plusieurs expositions, édité le livre Objets d’évasion et le documentaire Un camp au village.

 

Baraquement

 

En 2017 la commune de Rouillé achète ce vestige du camp que les intempéries n’ont pas épargné. En juin 2018, une entreprise spécialisée dans la restauration de monuments historiques (Les métiers du bois, Fontaine-le-Comte) démonte le baraquement afin de le mettre en sécurité. Par ailleurs, un projet de centre d’interprétation autour de la question de l’internement, qui s’appuierait sur le camp de Rouillé, est à l’étude actuellement par la communauté urbaine Grand Poitiers.

 

 

 

 

 

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